La Recherche : L’autre force des IUT

Si la double culture université/entreprise est la première force des IUT dans le monde de l’Enseignement Supérieur, la recherche est sans aucun doute un autre atout majeur.

En 2012, plus de 93 000 enseignants ont été recensés dans les établissements publics de l’Enseignement Supérieur, dont 57000 enseignants-chercheurs. Plus de 10 000 exercent leurs missions dans les 115 IUT français. L’un d’entre eux, Serge Dulucq, vice-président de l’Assemblée des Directeurs d’IUT de France, en charge de la commission Recherche, nous explique le parcours de ces enseignants qui partagent leur temps entre les laboratoires de recherche et la formation des étudiants.

Au sein de l’IUT, l’enseignant-chercheur a une double mission. Il doit mettre en oeuvre, avec les autres membres de l’équipe pédagogique, le contenu des formations en tenant compte des programmes pédagogiques nationaux, assurer l’encadrement et le suivi des étudiants, et contribuer au développement de l’IUT.

Ainsi, en dehors de ses enseignements, il reçoit régulièrement les étudiants pour les conseiller ou les aider dans leur travail personnel et leur projet professionnel. Dans une année, il doit enseigner 192 heures (contre 384 pour un enseignant du second degré). Ensuite, débute sa deuxième mission: la recherche, qu’elle soit appliquée ou fondamentale. A partir d’un travail en bibliothèque ou en laboratoire, et d’une réflexion personnelle, il participe à l’enrichissement de sa discipline dans le cadre d’objectifs définis tant au niveau national que régional. « Dans les IUT, ajoute Serge Dulucq, l’enseignant-chercheur contribue à l’étroite coopération entre l’établissement et le monde professionnel ».

Un goût de la communication

Enfin, toujours dans le cadre de sa deuxième mission, il diffuse ses connaissances et le fruit de sa recherche en publiant ses travaux et en participant à divers colloques ou conférences. «L’enseignant-chercheur doit posséder un véritable goût de la communication et une forte passion des contacts humains, explique le professeur bordelais, car il est en relation constante avec différents publics, qu’ils soient étudiants, collègues, partenaires scientifiques, entreprises publiques ou privées... »

Par ailleurs, si l’enseignant-chercheur possède une réelle motivation intellectuelle et une grande rigueur, son sens de la pédagogie doit rester intact pour rendre accessible des connaissances pointues auxquelles il a pu contribuer. La carrière d’un enseignant-chercheur commence après la soutenance d’une thèse et l’obtention d’une qualification nationale.

Ce docteur peut alors devenir Maître de Conférences à l’issue d’un concours difficile. Après plusieurs années d’expérience, il peut obtenir une habilitation à diriger des recherches (ancienne thèse d’Etat) lui permettant d’encadrer des étudiants en doctorat.

Un dernier concours, avec un nombre réduit de postes, lui permettra peut-être de devenir professeur !

Deux types de laboratoires

Même si aujourd’hui les IUT accusent un déficit trop important de professeurs par rapport à l’Université, les objectifs et les fondamentaux restent intacts. Les enseignants-chercheurs continuent d’évoluer dans des laboratoires, y compris pour les IUT qui sont décentralisés. « Ce n’est pas toujours facile de travailler dans des laboratoires très éloignés des grands pôles scientifiques, poursuit Serge Dulucq, mais souvent dans ces IUT décentralisés, des équipes de recherches pluridisciplinaires se sont constituées et les résultats sont positifs. C’est pourquoi, dans la plupart des cas, elles sont reconnues comme des Equipes d’Accueil, c’est-à-dire pouvant accueillir des doctorants. »

Car il existe essentiellement deux types de laboratoires dans le domaine de la recherche. Même si la majorité des enseignants- chercheurs exerce dans des Unités Mixtes de Recherche (U.M.R.), d’autres travaillent dans des laboratoires purement universitaires. Ce sont des laboratoires locaux, ayant une reconnaissance ministérielle, nommés Equipe d’Accueil (E.A.). Les U.M.R. quant à elles sont labellisées par des grands organismes de recherche comme le CNRS, l’INSERM ou l’INRA... Ces unités peuvent être sous la tutelle d’une ou plusieurs universités, et doivent obtenir leur labellisation tous les 5 ans.

Les IUT ont leur propre colloque national annuel sur la recherche

En ce début du 21ème siècle, il apparaît de plus en plus évident que les innovations les plus marquantes naissent à l’interface des sciences et de la pluridisciplinarité (mécatronique, neuro sciences, sciences cognitives, gouvernance, marketing et stratégie, ingénierie financière, biotechnologie, informatique... ). De ce fait, les IUT, de par leur structure et leur organisation, sont des creusets de l’innovation au service du développement durable économique et social.

Grâce à la diversité des compétences de leurs équipes et à la multiplicité des thèmes abordés à la fois en enseignement et en recherche, les IUT ont un immense potentiel d’innovation qui peut être démultiplié par la mise en œuvre d’actions transversales intrinsèques à leur mode de fonctionnement.

Dans un contexte où la recherche et l’innovation sont au cœur de l’évaluation de nos universités, le Colloque National de Recherche en IUT est une occasion, pour les enseignants chercheurs et enseignants des IUT, de partager leurs expériences, de nouer des contacts et d’initier des collaborations sur des projets et des thèmes développés en laboratoire ou avec nos étudiants.

Le caractère pluridisciplinaire de ce colloque, symbole de la richesse des Instituts, est une véritable opportunité pour rendre plus lisible la contribution des IUT dans plusieurs domaines de la recherche en France.

 

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